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En entendant marteler dans le champ politique marocain, par des acteurs politiques, des activistes de la société civile, et même des chercheurs, comme à chaque vague, le nouveau mot d’ordre, « pour un nouveau modèle de développement », on croit entendre énoncé sur un ton scolaire le titre de l’un des ouvrages les plus cités d’Amartya Sen : « Un nouveau modèle économique : justice : développement, liberté», titre dont les termes explicitent d’ailleurs l’essentiel de ce que l’on peut viser à travers le développement. Que le débat public puisse se hisser à de telles hauteurs ne peut être d’ailleurs que de bonne augure.

 

On sait bien que le terrain du développement n’est pas un terrain simple que l’on peut explorer de manière linéaire.Le concept de « développement », polysémique, ne dispense pas de reposer chaque fois la question de savoir ce que se « développer » veut dire. Quelque soit le qualificatif dont on l’affabule (« durable », « humain »,« local »,« territorial »,« social »,etc..), il renvoie à des antinomiesqui sentent la« technocratie »,cherchant à faire croire à l’impossible : développement durable, comme économie solidaire,comme guerre propre...

On peut convenir que le développement est un processus d’élargissement des possibilités des choix des individus et d’amélioration de leur niveau de bien-être, de diversification et d’enrichissement des activités économiques et sociales sur un territoire à partir de la mobilisation et de la coordination des ressources et desénergies, d’extension en quantité et ou en qualité de richessesd’une société, en termes de ressources  d’épanouissement de la population, de reconnaissance de sa place et de son rôle afin d’éliminer la pauvreté, de réalisation du plein emploi, de consolidation de la cohésion sociale, de conciliation de la poursuite de la croissance et de la préservationdes ressources nécessaires aux générations futures…

Bien des pays souffrent de l’absence des conditions qui assurent à la démarche des promoteurs du développement et des élites qui les entourent, gouvernementales ou oppositionnelles,intégrées dans le système ou hors système, une véritable assise, une force de conviction, un souffledynamiseur, au delà de l’abondance des ressources, des problèmes de gouvernance, des déficiences de légitimité. Deux exemples peuvent être significatifs :l’Algérie et l’Egypte.

Qu’est ce qui fait que dans chez le voisin de l’Est, des années après ladite« décennie noire », mais dans un contexte où un terrorisme larvé perdure, les politiques publiques se perdent dans des expériences de gestion très ordinaire, sans âme, « blasées », ayant peu de rapports avec les rêves des fondateurs ? Ni la a géopolitique ni une vision d’ensemble mal ou peut être jamais formulée ne peuvent constituer une excuse. Pour paraphraser Saint Just, il n’y aurait plus d’utopie foyer de changement, plus d’espérance motrice, mais que « des bonnets rouges portés par l’intrigue »... On chercherait en vain un vrai projet de société, mobilisateur, motivant, on ne trouverait que du désenchantement, des programmes de gestion qui sortent peu de l’ordinaire,  de la routine des actions gouvernementales …

Ailleurs dans l’Egypte actuelle, des projets grandioses sont mis en œuvre ( travaux spectaculaires sur le canal de Suez, grands travaux hydrauliques pour l’agriculture, actions spectaculaires en vue de la captation d’investissements étrangers, création de vastes zones industrielles,installations d’infrastructures impressionnantes pour les énergies renouvelables, lutte contre l’analphabétisme, etc.…), mais dans un contexte de quasi guerre civile, sur la base d’un bricolage idéologique faits d’élémentshétéroclites (des relents de nassérisme, de sadatisme, de néo-libéralisme, en plus du pharaonisme culturel de fonds..).Le transformisme volontariste de type néo-autoritaire, porté par l’armée et ses prolongements politiques, économiques, médiatiques… ne semble pas suffire pour créer, là aussi, un véritable projet de société à même de faire « émerger » l’Egypte comme on dit aujourd’hui.

Au Maroc, on ne peut nier l’existence d’une stratégie, de composantes éparses d’une vision globale, une soixantaine de stratégies, plans, politiques publiques, programmes, en plus de nombreuses initiatives de tous ordres. Lorsqu’on établit l’état des lieux et que l’on diagnostique ce qui réussit et ce qui ne réussit point, et dans la perspective d’élaborer ce que l’on a appelle en ces jours un « modèle » alternatif de développement, suffit-il d’insister sur les principes de convergence, de transversalité des politiques publiques, deresponsabilité, de reddition des comptes, d’efficacité, de participation, de mobilisation ? Bien sûr, ces repères participentd’une nécessité primordiale. Encore qu’il paraisseessentiel que tout cela soit porté par un projet de société authentique, au delà indicateurs, indices, montants des enveloppes et référents techniques, et du dosage communicationnel.

 

Un seul projet de société ? Ou dans la perspective d’une société ouverte, dynamique, vivante, comme personnellement nous en rêvons pour notre Maroc, plusieurs projets de société en concurrence ? Mais cela est un autre débat.

 

Abdallah Saaf